La fin de l'ère du plastique

Depuis les années 1950, la production mondiale de plastique a explosé. Et la fin n'est pas encore en vue. Nos océans se transforment en une soupe de plastique, les microplastiques pénètrent dans chaque organe de notre corps, le plastique est littéralement partout. Nous devons mettre fin à l'ère du plastique.

©tatyanakorenyugina via Canva.com
Plastic productie wereldwijd (miljoen ton per jaar). 1948: Eerste tupperware parties. 1977: Eerste plastic tasjes op de markt. 1997: Ontdekking van de plastic soep in the Stille Oceaan

Pas de nouvelle usine de plastique à Anvers

Ineos construit dans le port d'Anvers l'une des plus grandes usines de plastique fossile d'Europe, en pleine crise climatique. L'usine doit transformer du gaz de schiste américain en éthylène, la matière première du nouveau plastique, et ainsi augmenter encore la production de plastique au moment même où nous devrions la réduire. Avec treize autres organisations, nous menons un combat juridique contre ce projet.

Une meilleure politique européenne contre le plastique à usage unique

La politique de l'UE contre le plastique à usage unique est loin d'être suffisante pour stopper cette croissance explosive. La directive sur les plastiques à usage unique impose que les bouteilles en plastique contiennent au moins 30 % de matériaux recyclés d'ici 2030, et que les producteurs d'articles à usage unique tels que les filtres de cigarettes, les ballons et les emballages contribuent aux coûts de nettoyage des déchets sauvages. Mais cela ne suffit pas. La FRF souhaite des objectifs de collecte plus élevés, une élimination progressive plus rapide des plastiques à usage unique inutiles et moins d'exemptions. L'un de nos fers de lance est l'interdiction des filtres de cigarettes (qui sont généralement en plastique).

Les microplastiques sont un problème majeur

Les microplastiques, de minuscules particules de plastique de moins de 5 millimètres, proviennent en partie de l'usure de produits en plastique plus grands, mais sont également ajoutés aux cosmétiques, aux produits de nettoyage, aux peintures, aux engrais et aux terrains de sport synthétiques. Ces particules se propagent par l'eau, le sol et l'air et se retrouvent ainsi dans notre alimentation, notre eau potable et l'air que nous respirons. Une fois dans notre corps, elles peuvent traverser la barrière intestinale, les poumons, le placenta et même la barrière hémato-encéphalique. Des études montrent désormais que cela a des conséquences sur notre fertilité, peut favoriser l'insuffisance cardiaque et un lien a été établi avec des maladies cérébrales. Beaucoup de choses restent inconnues, mais ce que nous savons suffit pour éliminer au maximum les microplastiques.

Jeter ses déchets chez les autres pays

Les Pays-Bas et la Belgique figurent parmi les plus grands exportateurs de déchets plastiques au monde. Depuis que la Chine a fermé ses portes aux déchets étrangers en 2018, ces exportations se sont déplacées vers les pays d'Asie du Sud-Est et plus récemment vers la Turquie, souvent des pays qui ne disposent pas de l'infrastructure nécessaire pour traiter ces déchets en toute sécurité. La grande majorité est enregistrée comme « réutilisation » ou « recyclage », mais en pratique, une grande partie de ce matériau finit dans des décharges sauvages, est brûlée illégalement ou disparaît tout simplement. Les conséquences pour les populations locales sont majeures : eau polluée, sols contaminés et air insalubre. C'est pourquoi nous plaidons depuis des années pour une interdiction de l'exportation de déchets plastiques vers des pays hors d'Europe. Celui qui génère les déchets doit également en assumer la responsabilité, et cela commence par la capacité de recycler ici, au lieu de refiler la facture à des pays où des populations pauvres paient le prix de notre dumping de déchets.

Notre monde ne peut pas continuer à tourner au plastique

Une usine de plastique qui ne se construit pas, la fin de la production de plastique fossile, des règles européennes qui placent notre santé au-dessus des intérêts de l'industrie fossile, moins de microplastiques dans notre corps, et la fin de l'exportation de notre problème de déchets : c'est ce à quoi nous travaillons. Non pas parce que c'est facile, mais parce que la fin de l'ère du plastique ne se fera pas toute seule.


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